Thriller psychologique

Les refuges de Jérôme Loubry

Ecrire une chronique est parfois difficile. Si on croit que les chroniques négatives sont les plus dures, les coups de cœur le sont tout autant. C’est encore plus vrai lorsque le roman en question est complexe, surprenant et qu’il ne faut surtout pas en dévoiler toute l’essence pour préserver la surprise des futurs lecteurs. Je n’ai surtout pas envie de vous en dire trop. De toute façon, j’ai beaucoup de mal à trouver les mots pour décrire ce roman. Il faut le lire, le vivre. Alors je vais faire au mieux et je vous embarque dans une chronique en partie un peu différente de ce à quoi je vous ai habitué.

4ème de couverture

Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ?
Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?
Qui était vraiment sa grand-mère ?
Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien…

De surprises en surprises

La plume de Jérôme Loubry était une découverte pour moi. Donc contrairement à vous, lecteurs, qui le connaissez peut-être déjà, je n’avais pas vraiment d’attentes particulières. La lecture de la quatrième de couverture m’invitait à un thriller psychologique sur fond d’histoire familiale. Rien de nouveau sous le soleil. Putain si j’avais su…

Oubliez TOUT ce que vous connaissez du thriller psychologique. Avec ce roman, l’auteur nous embarque dans une histoire où chacun des rebondissements vous assénera une énorme claque. J’adore, dans une lecture, essayer de deviner le fond de l’intrigue. De trouver les indices, les schémas connus. A chaque fois, durant cette lecture, je me suis faite bernée en beauté. Attention, aucune incohérence dans ce récit, bien au contraire. Tout s’emboîte tellement parfaitement. Chaque indice disséminé avait son importance sans qu’on la remarque. C’est une véritable oeuvre d’art psychologique. Rien n’est laissé à la facilité, ni la personnalité des personnages, ni les rouages de l’histoire. Si tous les thrillers de ce registre étaient dans la même veine, ça ferait du bien à notre moral de lecteur !

Nos refuges

« Le temps et la folie sont des notions instables« . Tout comme le sens des mots.

Le refuge peut être un camp de vacances pour guérir les enfants meurtris par la guerre.
Ou bien un bon chocolat chaud pour panser les blessures et les larmes.

Le refuge peut-être la découverte de la vie d’une grand-mère absente.
Ou bien le souvenir que l’on s’en fait.

Le refuge peut être une île, lointaine, grise, froide, pleine de mystères mais aussi de réponses.
Ou bien une auberge, à l’abri des embruns et de la pluie.

Le refuge peut être un poème.
Ou bien une chanson. Une vieille chanson. Douce et envoûtante, qui vous reste en tête.

Le refuge peut être un espoir. Un espoir fou, sans doute, mais un espoir.

Le refuge peut être un thriller psychologique époustouflant un dimanche après-midi où le moral n’est pas là.

Une histoire incroyable, qu’on lit d’une traite et qui, l’espace de quelques heures nous offre une bulle, loin de tout.

Mon refuge, le temps d’un après-midi, ce fût ce coup de cœur pour Les refuges de Jérôme Loubry.

Parlez-moi d’amour
Redites-moi des choses tendres 🎵

En bref

Si je dois vous parler avec des mots moins abstraits alors je vous dirais que ce livre est une claque monumentale. Une prouesse littéraire et narrative incroyable. Sans doute le meilleur thriller psychologique que j’ai lu depuis très longtemps. L’atmosphère m’a envoûtée dès les premières pages et l’intrigue n’a cessé de me donner des palpitations tout au long de ma lecture. C’était beau, c’était intelligent, c’était oppressant, c’était surprenant. Et cette fin… cette fin ! J’ai commencé le livre à 14h00. Je l’ai terminé à 19h00 et j’ai vraiment, mais vraiment, eu besoin d’un bon petit verre de vin pour encaisser le choc.

Ce n’est même pas que je vous le recommande, c’est plutôt qu’il faut absolument que vous découvriez ce roman !

coupdecoeur