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Thriller fantastique

La maison des oubliés de Peter James

Pour certains livres, il me suffit de lire la 4ème de couverture pour tout de suite les ajouter à ma liste. Une intuition, un résumé qui me parle. Dans le cas de ce roman, c’est une maison perdue dans la campagne anglaise, un jeune couple et leur fille qui veulent s’éloigner de la ville et faire de cette demeure un havre de paix. Mais (parce qu’il y a toujours un mais) la maison semble receler un grand nombre de secrets et pas mal de fantômes. Il y avait dans ce résumé tous les éléments pour me plaire. Pourtant la mayonnaise n’a malheureusement pris qu’à moitié et m’a laissée un goût amer à l’issue de ma lecture.

4ème de couverture

Le déménagement dans ce manoir charmant, en haut de la colline, devait être le point de départ pour une nouvelle vie. Après des années passées dans la banlieue de Brighton, Ollie Harcourt ne pouvait rêver mieux qu’une existence paisible à la campagne. Le reste de la famille suit d’un pas hésitant, mais ne rechigne pas pour autant à cette nouvelle aventure.
Cependant, peu après leur installation, des scènes étranges se déroulent dans la maison.
Des ombres apparaissent, les animaux domestiques se comportent de manière bizarre et plusieurs accidents, plus déroutants les uns que les autres, ont lieu.
Bientôt, Ollie n’a plus de doute : leur présence n’est pas vraiment souhaitée. Quelqu’un semble même prêt à tout pour les expulser de là… à n’importe quel prix.

Bienvenue à Cold Hill

Quand Ollie, Caro et leur fille Jade emménagent dans le manoir de Cold Hill, ils savent très bien ce qui les attend. Des mois et des années de travaux pour tout remettre à neuf et transformer cette immense maison lugubre en joli cocon. Ils ont mis toutes leurs économies dans cette maison et ont fait le pari d’un nouvel avenir loin du tumulte de la ville.

J’ai vite été immergée dans l’ambiance de cette lugubre demeure. L’auteur distille tout au long des pages des événements de plus en plus mystérieux et angoissants qui vous feront tourner les pages avec frénésie. Très vite on se demande comment quelqu’un peut être assez fou pour investir dans un taudis pareil. Si ce n’est la surface impressionnante de la maison, tout tombe en ruines. Les murs transpirent l’humidité, les installations électriques sont dangereusement hors normes, les canalisations usées de bout en bout de la maison. A peine les cartons posés, l’angoisse de la montagne de travaux à venir submerge les personnages. Mais ils veulent pourtant y croire.

Mais si seulement il n’y avait que les murs pour les angoisser… Très vite les choses vont tourner au vinaigre. L’atrium, pièce centrale de la maison, va rapidement leur montrer ce que recèle véritablement Cold Hill. Tour à tour, ils seront confrontés à une présence étrange, une vieille dame, une « Lady » qui traverse les murs et cherche vraisemblablement à les effrayer. Les événements fantastiques s’enchaîneront crescendo au fil du récit. Les rares habitant de ce village de campagne semblent savoir de quoi il retourne, mais la peur les empêche de parler. Qui est cette vieille dame en bleue qui hante les murs, quel est le passé de cette bicoque en ruine ?

Une lecture en demie-teinte

Je vais commencer par le positif. L’ambiance est superbement retranscrite. L’auteur a eu la très bonne idée de mettre au début du roman un dessin du plan de la maison. Ça m’a permis de me situer dans les lieux tout au long de la lecture. L’écriture est très agréable et le rythme des événements très bien dosé pour nous donner envie de poursuivre la lecture et de tourner les pages.

Sans être totalement innovante, l’image de cette famille de jeunes quadragénaires en quête de calme a su m’interpeller – sans doute parce que le père exerce le même métier que moi et que j’ai une passion pour les travaux de rénovation. J’ai tout de suite réussi à m’identifier à la famille Harcourt. Cette famille, ça pourrait presque être la mienne dans quelques années (bon je n’achèterai quand même pas un truc aussi pourri hein). Dans tous les cas, sur ce point de l’intrigue j’ai vraiment accroché.

En revanche, le très gros point noir du roman est pour moi la fin. Durant la toute dernière partie du roman, j’étais à la fois perdue et pas du tout convaincue. On est dans le thriller fantastique bien sûr, mais là tout était beaucoup trop tiré par les cheveux. En l’espace de quelques pages, j’avais perdu le fil. Je ne savais plus où j’étais, quand j’étais, ce qu’il se passait vraiment. L’auteur m’a perdue à ce moment, en sombrant dans la surenchère de l’improbable. Cette fin est trop brutale, trop fouillie et m’a vraiment laissée un goût amer. C’est extrêmement dommage car la globalité du récit est captivante mais là… cette fin… je ne peux pas… J’étais passionnée par ma lecture, prisonnière des murs Cold Hill et en l’espace de quelques pages le soufflé est retombé en même temps que mon intérêt pour les événements. Heureusement ce moment était très proche de la fin. C’est pourquoi je ne peux pas dire que c’est un mauvais thriller loin de là. L’histoire est maîtrisé, l’ambiance lugubre à souhait et les personnages attachants mais pour moi la fin n’est pas du tout au niveau de l’ensemble du livre.

Phoebe fit soudain une drôle de tête.
– Jade, c’est qui, derrière toi ?
– Qui ça ?
– La femme.
– Quelle femme ?
– Celle qui est derrière toi. Tu la vois pas ou quoi ?
Jade se retourna. Il n’y avait personne.

En bref

Finalement à quelques jours de la fin de ma lecture, je ne peux m’empêcher de faire une comparaison entre La maison des oubliés et Le Signal de Maxime Chattam. Une famille qui achète une maison dans un endroit isolé, pour trouver le calme loin des tumultes de la grande ville. Une maison pleine de secrets et d’événements surnaturels. Pourtant si Le Signal me laisse un souvenir impérissable et qu’il reste mon plus gros coup de cœur de 2018, La maison des oubliés ne semble remplir qu’une partie du contrat. L’ambiance est là mais l’univers est seulement effleuré. Quand la fin de l’intrigue s’est enclenchée, il y aurait eu encore tellement de choses à raconter, à faire vivre aux personnages. J’en aurais voulu plus, une intrigue plus poussée et surtout une fin moins brutale et moins what the fuck (même pour du fantastique). C’est néanmoins un bonne lecture, ne serait-ce que pour l’ambiance du lieu. Mais malheureusement dans la même thématique Le Signal est incomparablement supérieur à mes yeux. Toutefois, si vous aimez les histoires de maisons hantées, je ne peux que vous encourager à lire ce roman et à vous faire votre propre avis.