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Science-fiction

La fleur de Dieu de Jean-Michel Ré

Comme je vous l’avais dit il y a quelques temps, je ne suis pas une grande adepte de SF. Non pas que je n’aime pas ça, mais tout simplement car je ne sais pas vraiment vers quels titres me tourner. J’ai souvent l’impression que c’est un registre assez pointu qui demande des références dans le registre. Mais dernièrement, j’ai pris une vraie claque avec Terminus, un thriller de science-fiction qui m’a donné envie de réitérer l’expérience avec un autre roman du genre. J’ai donc jeté mon dévolu sur La fleur de Dieu, premier roman de l’auteur Jean-Michel Ré publié chez Albin Michel Imaginaire. Ici, pas de thriller, mais un space opera en bonne et due forme ! En avant pour une chronique spatiale !

4ème de couverture

An 10996. Dans les déserts suspendus de la planète sacrée Sor’Ivanyia, un des dix-huit mille mondes de l’Empire, pousse la Fleur de Dieu. Ce remède à de nombreux maux est aussi un vecteur privilégié pour accéder au divin. Grâce à la Fleur de Dieu, l’Homme sait désormais ce qui advient de la mémoire après la mort. Alors qu’un impitoyable seigneur de la guerre fomente un coup d’état, la formule chimique de la Fleur de Dieu est dérobée par une organisation anarchiste paradoxalement très organisée. Au même moment, l’apparition sur Sor’Ivanyia d’un enfant aux pouvoirs extraordinaires bouleverse toutes les certitudes scientifiques et religieuses de l’Empire. Qui est cet enfant ? Est-il seulement humain ? Est-il ce Messie que certaines religions ont cessé d’attendre ?

Une mythologie étendue

Une des bases de la science-fiction est de créer des univers entiers. Des mondes nouveaux bien souvent futuristes. La fleur de Dieu ne déroge pas à cette règle et nous propose un univers futuriste assez classique dans le registre mais très travaillé. L’histoire prend place en 10996 et l’humanité approche des 200 milliards d’individus vivant à présent dans une grande partie de la galaxie. La « Terre Primale », notre bonne vieille Terre donc, n’est plus qu’un lieu de vie parmi tant d’autre. Exit la démocratie, c’est un empereur qui gère tout ce bazar. Son empire est organisé en secteurs et des seigneurs de guerre à son service se partagent la gestion des planètes et astéroïdes colonisés.

Si le cadre est finalement assez classique pour le registre du space opera (j’ai bien évidemment fait une comparaison avec l’univers de Star Wars), l’auteur développe très largement la mythologie et l’histoire de son univers. Afin de ne pas alourdir son récit, il nous propose un glossaire extrêmement complet à la fin du livre. Ainsi, pendant la lecture, des astérisques renvoient à des entrées de ce glossaire pour nous expliquer des événements historiques, des mots avec un dialecte particulier ou pour nous présenter la biographie de certains personnages. Ce fonctionnement a de bons et de mauvais côtés.

La présence de ce glossaire est nécessaire à la compréhension globale de l’intrigue et de l’univers. Sans, j’aurais été complètement perdue. Cependant, le fait de devoir régulièrement se couper de l’histoire pour se référer au glossaire produit un effet de détachement par rapport à l’intrigue. Au début du roman, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire car les renvois à l’annexe étaient nombreux et parfois une entrée du glossaire renvoyait à une autre, etc… Malgré tout, cela donne une vraie densité à l’univers et permet par la suite une plus grande immersion dans la lecture.

Un roman introductif ?

Pour ce deuxième point de la chronique, je préfère préciser qu’il est (comme d’habitude en fait…) tout à fait subjectif. Mais encore plus aujourd’hui car je ne que très peu de références dans ce genre littéraire.

Les personnages et les arcs narratifs sont assez nombreux : l’empereur en déchéance menacé par le coup d’état d’un de ses plus puissants seigneurs de guerre. Des scientifiques et des religieux réunis pour décider des nouvelles entrées dans le Credo, livre religieux de référence pour l’humanité. Une association anarchiste qui tente de faire éclater la vérité dans l’ensemble de la galaxie. Et enfin, une planète très lointaine, sur laquelle pousse une fleur mystérieuse, la Fleur de Dieu, qui va être perturbée par l’arrivée d’un enfant aux pouvoirs surnaturels (divins ?). Je vous passe tous les détails des personnages secondaires, mais vous aurez compris que c’est très, très dense.

Pourtant, j’ai eu l’impression qu’aucun des personnages ne sortait vraiment du lot, comme s’il s’agissait d’une présentation globale. On passe d’un arc à l’autre sans jamais vraiment pousser le développement jusqu’à de la véritable action. En fait, j’ai presque eu l’impression que le seul personnage principal de ce roman était l’univers lui-même. Mais, il faut noter que ce roman est le premier tome d’une trilogie. A la fin de ma lecture, j’ai compris qu’il fallait vraiment le considérer comme un tome introductif à la suite. D’ailleurs, le livre se termine très brusquement et laisse l’histoire en suspens. Il faudra donc attendre la suite pour connaître plus en détail la destinée des personnages et de la galaxie.

Sur l’une de feuilles, l’ascension exigeait une sorte de danse que l’Enfant devait accomplir en l’honneur de la Sainte Fleur.

En bref

Moi qui voulait sortir de ma zone de confort, je n’ai pas fait les choses à moitié ! Une lecture totalement dépaysante tant sur le plan narratif que sur le style d’écriture en lui-même. L’auteur nous offre un univers et une histoire de l’humanité extrêmement travaillés et complexes. J’ai beaucoup aimé la manière dont était traitée la religion dans ce futur lointain. Toutes les religions monothéistes et polythéistes continuent d’exister mais les grands représentants travaillent de concert pour écrire les textes de référence au fur et à mesure des avancées scientifiques. Car oui, malgré la colonisation de la galaxie, les avancées scientifiques et techniques immenses, l’homme reste convaincu de l’existence de Dieu.

J’ai donc passé un bon moment de lecture mais j’aurais aimé en lire plus, connaître la suite de l’histoire, avoir la totalité du récit entre les mains. Pour moi, ce tome est une pure introduction à la trilogie complète. A découvrir pour les amateurs du genre ou ceux/celles qui comme moi souhaitent orienter leurs lectures vers de nouveaux horizons.