Thriller

Guerilla, Le temps des barbares de Laurent Obertone

C’est clairement un événement de cette rentrée littéraire. Trois ans après la sortie du premier tome de Guerilla, Laurent Obertone revient nous conter l’histoire de cette France futuriste à l’agonie, en proie aux flammes et à la mort. Bienvenue dans Le temps des barbares, ce jour d’après où, ni Loi, ni Etat, ni espoir n’ont survécu à l’embrassement.

Ce second tome de Guerilla est publié aux éditions RING et est disponible en librairie depuis le 26 septembre 2019

4ème de couverture

Du sang, des armes et des larmes.
Bienvenue au bout de la guerre totale.


Plus d’État.
La France s’est effondrée en trois jours, livrée aux assassins qui tiennent les rues, aux chiens de guerre qui terrorisent les campagnes. Partout le pillage. La folie. La survie. Partout le silence des réseaux détruits. Et partout la violence.

Plus de règles.
Des crânes perforés de balles, des ombres qui fuient, des rues dévastées, des cadavres déchiquetés à perte de vue, des ordres, des plaintes, des cris, des rafales d’armes automatiques se répondant d’une rue à l’autre, des geysers de flammes et le bruit sourd des rotors brassant le ciel ardent des villes.

Plus d’issue.
Ils étaient de simples citoyens. Ils ne sont plus que des créatures humaines, privées de tout, isolées dans leur méfiance, prêtes à tuer pour un bidon d’essence.

Best-seller international, Guerilla – Le jour où tout s’embrasa décrivait l’effondrement de la France en soixante-douze heures. Bienvenue dans la suite vertigineuse de l’odyssée.

De l’implosion à la survie

Avec le premier tome de Guerilla, Laurent Obertone nous livrait les débuts d’une dystopie effrayante, maîtrisé et plausible. Je m’étais pris une sacrée claque à la lecture de ce bouquin il y a quelques temps. Il faut rappeler que ces romans sont bien évidemment fictionnels du point de vue des événements et des personnages, mais l’ossature de cette dystopie est basée sur des informations des services de renseignements, des études sur les guerres civiles et des témoignages des forces spéciales.

Le temps des barbares commence tout juste là où s’était arrêté le premier tome. Après que la France se soit effondrée en 3 jours, après que le très-bien-vivre-ensemble ait montré ses limites, maintenant place au chaos. Des caïds ont pris le contrôle des rues, l’électricité est coupée, l’eau potable également et les vivres commencent à se raréfier. Les français vont être confronté à ce qu’ils n’avaient jamais envisagé après des années de confort et de biberonnage de l’Etat : la solitude, la survie, la faim et la peur. Laurent Obertone est vraiment assez lucide sur ce que pourrait être les réactions des uns et des autres face à une France sans tête, livrée à elle-même. Si certains semblent s’être préparés pour ce moment, d’autres ne feront pas long feu. Le chaos, c’est aussi le moment où tout doit être remis en question. Certains en seront capables, d’autres non…

Clairement, pendant ma lecture, j’ai eu envie de me mettre au survivalisme, d’aller acheter des bidons de flotte en masse, des conserves de cassoulet et des serrures supplémentaires pour ma porte d’entrée. Je me suis dit : ma p’tite Angie, toi non plus en fait tu ne serais pas prête… J’ai continué à lire, et j’ai continué à flipper.

La nature humaine

Trois ans d’écart entre le tome 1 et le tome 2. Trois ans où, indéniablement, le style de Laurent Obertone s’est affiné. On est clairement un cran au-dessus du tome 1 tant sur le fond que sur la forme. J’avais aimé la plume incisive du tome 1, j’ai jubilé devant la plume corrosive de ce nouvel opus. Encore une fois, comme pour Le jour où tout s’embrassa, l’auteur joue bien évidemment sur la caricature, il force le trait de certains de ses personnages. Mais parfois pas tant… Ce qui est bon, c’est que tout le monde en prend pour son grade. Dans le monde de Guerilla, où l’indignation de tout est systématique, la population ressemble à une armée de zombie lobotomisée. Au milieu du chaos, chacun continue de défendre ses petits intérêts, ses petits bobos du quotidien, ses grands principes inapplicables . On assiste dans ce roman à des scènes totalement surréalistes où au milieu des balles, des meurtres et des flammes, des individus continuent de se préoccuper de leurs réseaux sociaux, de la sécheresse de leur peau ou de leur petite pathologie psychologique à la mode. Dystopie vous dites ?… En tout cas, oui, corrosif, c’est le mot. Et que c’est jouissif !

– Des gens vont mourir, assurément. Nous ne sommes pas prêts. Nous craignons le sang, la faim, le froid. Nous craignons la solitude, la douleur et les barbares.

En bref

Guerilla, c’est LA dystopie incontournable des années 2010. J’ai lu ce second tome en moins de 48 heures, en apnée avec le besoin de faire une pause de temps en temps face à un tel déchaînement de violence et bêtise humaine. Cette dystopie était parfois trop réelle pour mon p’tit cœur. La fin m’a laissée avec un sentiment de fatalité. Une fin évidente, glaçante et inévitable dans une telle situation. Guerilla c’est une maîtrise du fond, de la forme et de l’univers décrit. Un tourbillon de violence qui vous embarque de la première ligne jusqu’aux remerciements. Vous connaissez la bonne nouvelle ? Le tome 3 est déjà prévu pour 2020.